Questions fréquemment posées

La recherche d’une aide psychologique s’accompagne souvent de questions – à qui s’adresser, à quoi s’attendre lors du premier entretien, si un diagnostic est nécessaire, combien de temps dure le travail, et dans quelle mesure les informations partagées restent confidentielles.

Nous répondons ici à certaines des questions les plus fréquemment posées concernant la pratique clinique psychologique et psychothérapeutique.

Premiers pas et premier entretien

Quand est-il approprié de demander une aide psychologique ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre que le problème devienne insupportable ou d’avoir reçu un diagnostic psychiatrique. Une aide professionnelle peut être utile en cas d’anxiété persistante, d’humeur dépressive, de perte d’intérêt et de motivation, de troubles du sommeil, d’épisodes de panique, de difficultés relationnelles, de sentiment d’impasse, de stress intense ou prolongé, de crise existentielle, de deuil, de maladie grave, ou lorsque les modes habituels de faire face ne suffisent plus. Parfois, la raison est plus difficile à cerner – la personne ressent simplement qu’elle « ne va pas bien ». Cela suffit également à justifier une consultation.

Comment se déroule le premier entretien ?

Le premier entretien est avant tout l’occasion de raconter ce qui vous amène chez le spécialiste. Y sont abordés les difficultés actuelles, leur histoire, les circonstances importantes de la vie et l’état de santé, ainsi que vos attentes vis-à-vis de l’aide professionnelle. Il n’est pas nécessaire de savoir à l’avance comment formuler votre problème. Une partie de la tâche du spécialiste est de clarifier avec vous ce qui se passe et quel type de soutien serait le plus adapté. Après l’évaluation initiale, les prochaines étapes peuvent être discutées – conseil psychologique, psychothérapie, évaluation psychologique clinique ou orientation vers un autre spécialiste.

Dois-je être dans un état psychique grave pour commencer une psychothérapie ?

Non. Les personnes entament une psychothérapie pour des raisons très diverses – d’un symptôme précis ou d’une crise existentielle jusqu’au désir de mieux se comprendre elles-mêmes, ainsi que leurs relations et leurs choix. La psychothérapie n’est pas destinée uniquement aux personnes atteintes de troubles psychiques.

Le soutien psychologique signifie-t-il que « je ne m’en sors pas » ?

Non. La recherche d’une aide professionnelle n’est pas un critère de faiblesse ou d’incapacité à faire face. En cas de maladie grave ou de crise existentielle, les ressources de la personne sont soumises à une charge inhabituelle. Le soutien psychologique vise à renforcer les ressources existantes, à aider à comprendre les vécus et à créer des moyens plus efficaces de faire face.

Comment me préparer au premier entretien ?

Aucune préparation particulière n’est nécessaire. Vous pouvez réfléchir à ce qui vous amène en consultation, depuis quand le problème existe et comment il influence votre quotidien. Si vous disposez de documents médicaux, d’évaluations psychologiques ou psychiatriques antérieures, ou d’informations sur les médicaments pris, ceux-ci peuvent être utiles lorsqu’ils sont liés au motif de la consultation. Le plus important est de venir tel que vous êtes. Il n’est pas nécessaire d’avoir préalablement organisé votre histoire ou de savoir exactement comment la raconter.

Puis-je demander de l’aide même quand je ne sais pas exactement ce qui ne va pas ?

Oui. Beaucoup de personnes demandent une consultation non pas en raison d’un diagnostic clair, mais à cause d’un changement qu’elles peinent à nommer – fatigue, irritabilité, perte d’intérêt, conflits récurrents, tension corporelle ou sentiment de ne plus se reconnaître. Le premier entretien a précisément pour but d’aider à comprendre ce vécu et de déterminer si un soutien est nécessaire, et lequel.

Une seule consultation peut-elle suffire ?

Parfois, un seul entretien peut aider à clarifier une question précise, à orienter vers un service approprié ou à prendre une décision quant à l’étape suivante. Pour des difficultés plus complexes ou prolongées, une seule consultation ne suffit généralement pas à un changement durable. Dès le premier entretien, il peut être discuté si un travail à court terme ou plus long est nécessaire.

Dois-je tout raconter dès le premier entretien ?

Non. Vous avez le droit de déterminer vous-même le rythme auquel vous partagez des informations personnelles. Le spécialiste peut poser des questions nécessaires à la compréhension de votre état et de votre sécurité, mais le travail professionnel ne doit pas reposer sur la pression ou la contrainte. La confiance se construit progressivement.

Puis-je pleurer, me taire ou ne pas savoir quoi dire ?

Oui. Les pleurs, le silence, la confusion et la difficulté à trouver les mots font naturellement partie de nombreux entretiens psychologiques. Il n’est pas nécessaire de se présenter d’une certaine manière ou d’être un « bon patient ». La tâche du spécialiste est de travailler aussi avec les moments où le vécu ne peut pas encore être clairement formulé.

Spécialistes et rôles

Quelle est la différence entre psychologue, psychologue clinicien, psychothérapeute et psychiatre ?

Ce sont des rôles professionnels différents qui peuvent se compléter. Le psychologue possède une formation universitaire en psychologie. Le psychologue clinicien possède une formation spécialisée supplémentaire pour travailler avec le fonctionnement psychique, l’évaluation psychologique et les états cliniques. Le psychothérapeute est un spécialiste ayant suivi une formation prolongée dans une méthode ou une orientation psychothérapeutique déterminée. Le psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie et peut effectuer un diagnostic médical et prescrire un traitement médicamenteux. Dans certains états, la meilleure approche implique le travail conjoint de plusieurs spécialistes.

Quel est le rôle du travailleur social clinique ?

Le travailleur social clinique traite les conséquences psychologiques, sociales et pratiques de la maladie et du traitement. Il effectue une évaluation psychosociale, identifie les difficultés susceptibles d’influencer le traitement et la qualité de vie, et aide les patients et leurs proches à s’orienter dans le système de santé et social, dans l’accès aux droits, aux services et aux ressources. En cas de maladies graves et chroniques, le travailleur social clinique est souvent le lien entre le patient, la famille, l’équipe médicale et les différents services de santé et sociaux.

Comment savoir quel spécialiste me convient ?

Il n’est pas nécessaire de savoir à l’avance exactement quel spécialiste ou quelle méthode vous est nécessaire. La consultation initiale peut aider à clarifier le problème et à évaluer si un conseil psychologique, une psychothérapie, une évaluation clinique, un soutien psycho-oncologique ou psychosocial, une consultation psychiatrique ou une combinaison de différentes approches est appropriée. Lorsque le spécialiste concerné n’est pas le plus adapté à vos besoins, une bonne pratique professionnelle suppose que vous soyez orienté vers un collègue ou un autre service.

Que se passe-t-il si le psychologue estime que j’ai besoin d’un psychiatre ?

La recommandation d’une consultation psychiatrique ne signifie pas nécessairement un trouble psychique grave. Elle peut être nécessaire pour une évaluation médicale, la précision du diagnostic, l’évaluation d’un traitement médicamenteux ou l’exclusion d’autres causes des symptômes. Le travail psychologique ou psychothérapeutique peut se poursuivre en parallèle du traitement psychiatrique, lorsque cela est approprié.

Qu’est-ce que la navigation des patients ?

La navigation des patients aide la personne et sa famille à s’orienter dans le parcours complexe du diagnostic, du traitement, du suivi et de l’accès aux services de santé et sociaux. Elle peut inclure de l’information, de la coordination, l’orientation vers des spécialistes et services appropriés, l’identification d’obstacles pratiques et un soutien dans l’exercice des droits en matière de santé et de protection sociale. La navigation des patients ne remplace pas le jugement médical et ne prend pas de décisions à la place du patient.

Pour quelles questions sociales le travailleur social clinique peut-il aider ?

Le travailleur social clinique peut apporter son aide pour les questions liées aux droits en matière d’assurance santé et de protection sociale, à l’expertise de la capacité de travail, aux congés maladie et indemnités, aux services sociaux, aux aides techniques, aux soins à domicile et au soutien familial. Il peut également aider face aux difficultés qui entravent le traitement – transport, prise en charge d’un membre de la famille dépendant, absence d’environnement de soutien, difficultés financières ou difficultés de communication avec les institutions. Les possibilités concrètes dépendent du cas individuel et des conditions réglementaires en vigueur.

Évaluation psychologique et diagnostic

Qu’est-ce que l’évaluation psychologique clinique ?

Il s’agit d’un processus systématique d’évaluation du fonctionnement psychique, émotionnel, de la personnalité et, si nécessaire, cognitif. Elle peut inclure un entretien clinique, une observation, des questionnaires standardisés, des tests psychologiques et l’analyse d’informations médicales ou autres pertinentes. L’évaluation clinique ne se réduit pas à « faire un test ». Les résultats des différentes méthodes sont interprétés dans le contexte du tableau clinique global.

Un diagnostic me sera-t-il posé ?

Toute consultation psychologique n’a pas pour but de poser un diagnostic. Parfois, la tâche consiste à comprendre des symptômes précis, une réaction psychologique à un événement de vie ou à une maladie, la manière de faire face, ou le besoin d’un soutien supplémentaire. Lorsqu’il existe des raisons de suspecter un trouble psychique, une consultation avec un psychiatre ou un autre spécialiste médical approprié peut être recommandée.

Quelle est la différence entre le dépistage et l’évaluation clinique ?

Le dépistage est une évaluation initiale brève qui aide à établir si des symptômes, une détresse ou des besoins nécessitant une attention supplémentaire sont présents. Il ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas l’évaluation clinique complexe. L’évaluation psychologique clinique est un processus plus approfondi, qui peut inclure un entretien, une observation, des instruments standardisés, des informations médicales et une interprétation professionnelle intégrée.

Puis-je remplir moi-même un test psychologique en ligne ?

Les questionnaires en ligne peuvent attirer l’attention sur certains symptômes, mais ne suffisent pas pour poser un diagnostic ou pour une évaluation globale de l’état psychique. Le résultat peut être influencé par la manière dont l’instrument a été traduit et adapté, les conditions de passation et l’état momentané de la personne. En cas de résultat préoccupant ou de difficultés persistantes, il convient de consulter un spécialiste qualifié capable d’interpréter les informations dans un contexte clinique.

Que se passe-t-il après l’évaluation psychologique clinique ?

Une fois l’évaluation terminée, le spécialiste intègre les informations issues de l’entretien, de l’observation, des méthodes utilisées et des autres sources pertinentes. Les résultats sont discutés dans un langage compréhensible. Si nécessaire, des recommandations sont fournies concernant la psychothérapie, le soutien psychologique ou psychosocial, la consultation psychiatrique, une évaluation médicale complémentaire ou le travail avec d’autres spécialistes. Lorsque cela est convenu et professionnellement justifié, une conclusion écrite peut être établie.

Tout le monde reçoit-il une conclusion psychologique écrite ?

Toute consultation ou évaluation ne se conclut pas par un document écrit. Une conclusion écrite est établie lorsque cela fait partie du service convenu au préalable, lorsqu’il existe un besoin clinique ou institutionnel concret, et lorsque le spécialiste dispose de suffisamment d’informations pour un avis professionnellement justifié. Avant même le début de l’évaluation, il convient de préciser si un document écrit est attendu, à quelle fin il sera utilisé et à qui il peut être remis.

Une évaluation psychologique peut-elle être réalisée en une seule journée ?

Certaines évaluations de dépistage brèves peuvent être réalisées au cours d’un seul entretien. L’évaluation psychologique clinique complexe nécessite cependant souvent plus de temps. La durée dépend de la question posée, du nombre et du type d’instruments utilisés, de l’état de la personne et de la nécessité d’analyser des informations supplémentaires. Un nombre plus élevé de tests ne signifie pas nécessairement une évaluation de meilleure qualité. Il est important de n’utiliser que les méthodes nécessaires et appropriées.

Puis-je voir les résultats de mes tests psychologiques ?

La personne a le droit de recevoir un retour compréhensible sur les résultats et leur signification clinique. Certains matériels psychodiagnostiques et questions de tests sont protégés et ne peuvent pas être librement fournis ou diffusés. Cela est nécessaire pour préserver la fiabilité des instruments. Le spécialiste peut expliquer les résultats obtenus, les limites des méthodologies et la manière dont elles sont intégrées dans la conclusion générale.

Psychothérapie et conseil psychologique

De quoi s’agit-il ? La psychothérapie

La psychothérapie est un processus professionnel structuré à travers lequel une personne travaille sur ses difficultés émotionnelles, psychologiques, comportementales ou interpersonnelles. Elle ne consiste pas simplement en une conversation ou en des conseils. Selon l’approche psychothérapeutique, on explore les vécus, les pensées, les relations, le comportement, l’histoire de vie et les schémas psychologiques récurrents. Le but est de parvenir à une meilleure compréhension de son propre fonctionnement et à un changement durable là où cela est nécessaire.

Combien de temps dure la psychothérapie ?

Il n’existe pas de durée universelle. Certaines interventions psychologiques sont brèves et centrées sur un problème précis. D’autres nécessitent un travail plus prolongé, notamment lorsqu’il s’agit de schémas de fonctionnement durables, de difficultés relationnelles récurrentes, d’un vécu traumatique ou d’états psychiques complexes. La durée est discutée individuellement et peut être modifiée au cours du travail.

Le psychologue peut-il me dire quelle décision prendre ?

La tâche du psychologue ou du psychothérapeute n’est pas de prendre des décisions à votre place. Le travail professionnel peut vous aider à mieux comprendre la situation, vos propres sentiments, besoins, peurs et possibilités. Les décisions concernant votre vie restent les vôtres.

La psychothérapie peut-elle remplacer les médicaments ?

Un traitement médicamenteux prescrit ne doit pas être arrêté ou modifié de manière autonome au motif du début d’une psychothérapie. Pour certains états, la psychothérapie peut être l’approche principale, tandis que pour d’autres, les meilleurs résultats sont obtenus par une combinaison de traitement psychothérapeutique et médicamenteux. Les décisions relatives au traitement médicamenteux sont prises par un médecin.

Quelle est la différence entre le conseil psychologique et la psychothérapie ?

Le conseil psychologique est généralement centré sur une difficulté précise, une décision, un changement de vie ou une période de stress accru. Il peut être limité dans le temps et avoir un objectif pratique clairement formulé. La psychothérapie inclut plus souvent une exploration plus approfondie du fonctionnement émotionnel, des conflits internes, des relations, de l’histoire de vie et des schémas psychologiques durables. La frontière entre les deux n’est pas toujours totalement nette. L’approche est déterminée selon les besoins de la personne et l’appréciation professionnelle du spécialiste.

Comment savoir si la psychothérapie m’aide ?

Le changement n’est pas toujours rapide ou facilement mesurable. Il peut se manifester par une diminution des symptômes, une meilleure compréhension de ses propres vécus, une plus grande capacité à poser des limites, des changements dans les relations ou une manière plus adaptative de faire face aux difficultés. Il est bon que les objectifs et l’évolution de la thérapie soient discutés périodiquement. L’absence de soulagement immédiat ne signifie pas nécessairement que le processus ne fonctionne pas, mais un sentiment prolongé de stagnation, des objectifs flous ou l’absence de cadre professionnel doivent être mis en discussion.

Les séances et le cadre thérapeutique

Puis-je arrêter le travail psychologique ou psychothérapeutique ?

Oui. La participation à un travail psychologique ou psychothérapeutique est en principe volontaire. Vous avez le droit de discuter de vos doutes, de demander un changement dans la façon de travailler ou d’y mettre fin. Lorsque cela est possible, il est bon que la décision d’arrêter soit discutée avec le spécialiste, en particulier lors d’une psychothérapie plus prolongée. La conclusion même du travail thérapeutique peut aussi constituer une partie importante du processus.

Que signifie « cadre thérapeutique » ?

Le cadre thérapeutique comprend les conditions préalablement convenues du travail professionnel – fréquence et durée des séances, mode de paiement, règles en cas d’annulation, confidentialité, communication en dehors des séances et autres questions pratiques. Un cadre clair n’est pas une formalité. Il crée la sécurité, la prévisibilité et les limites professionnelles nécessaires à un travail psychothérapeutique de qualité.

À quelle fréquence les séances ont-elles lieu ?

La fréquence dépend du type de travail, de l’état et de l’approche thérapeutique. Les séances psychothérapeutiques ont souvent lieu une fois par semaine, mais selon certaines approches ou états, elles peuvent être plus fréquentes. Le conseil psychologique et le suivi peuvent se dérouler à intervalles plus longs. La fréquence appropriée est convenue avec le spécialiste et peut être modifiée selon l’évolution du processus.

Combien de temps dure une séance ?

La durée dépend du type de service. La consultation individuelle ou la séance psychothérapeutique a habituellement une durée préalablement définie. L’évaluation clinique, la consultation familiale ou le travail de groupe peuvent nécessiter une durée différente. La durée précise est précisée lors de l’inscription ou au début du travail professionnel.

Que se passe-t-il si je suis en retard ou si je manque une séance ?

Les conditions en cas de retard, d’annulation ou de séance manquée font partie du cadre professionnel préalablement convenu. En général, le retard ne prolonge pas la fin de la séance, car l’heure suivante est réservée à une autre personne. En cas d’annulation à court délai, un paiement peut être dû si cela a été convenu au préalable. Il est important que les règles soient claires dès le début et appliquées de manière cohérente.

Que faire si je ne me sens pas compris par le spécialiste ?

Le travail psychologique et psychothérapeutique ne se déroule pas toujours sans tension ni désaccord. Le sentiment de ne pas être compris peut être discuté ouvertement avec le spécialiste. La manière dont celui-ci accueille le retour et traite la difficulté survenue est une partie importante de la relation professionnelle. Lorsque, malgré la discussion, la confiance et la possibilité d’un travail commun font défaut, un autre spécialiste peut être recherché.

Est-il normal de me sentir parfois plus mal après une séance ?

Aborder des vécus douloureux peut temporairement intensifier la tristesse, l’anxiété, la colère ou la fatigue. Cela ne signifie pas automatiquement que le travail est nocif. Il est cependant important que l’intensité des vécus reste tolérable et puisse être discutée avec le spécialiste. Si, après les séances, une aggravation sérieuse survient systématiquement, si le sentiment de sécurité fait défaut ou si la personne reste sans le soutien nécessaire, l’approche et le rythme du travail doivent être reconsidérés.

Que faire si je ne peux pas me permettre une thérapie prolongée ?

Discutez ouvertement des contraintes financières avec le spécialiste. Il est possible d’envisager un travail à court terme avec un objectif précis, une fréquence moins élevée, un soutien de groupe, un programme à conditions préférentielles ou une orientation vers un service public ou associatif accessible. L’accessibilité financière est une partie importante d’une planification réaliste des soins et ne doit pas être un sujet dont on a honte de parler.

Maladie, psycho-oncologie et psychosomatique

Qu’est-ce que la psycho-oncologie ?

La psycho-oncologie traite des aspects psychologiques, émotionnels, comportementaux et sociaux de la maladie oncologique. Le soutien peut être nécessaire dès le moment du doute et de la pose du diagnostic, tout au long du traitement actif et de la convalescence, jusqu’au suivi à long terme, à la rechute, à la progression ou aux soins palliatifs. Le travail en psycho-oncologie inclut également les proches du patient, car la maladie oncologique affecte souvent le fonctionnement de toute la famille.

Est-il normal de ressentir une peur intense après la pose d’un diagnostic grave ?

La peur, l’anxiété, la tristesse, la colère, la confusion et le sentiment de perte de contrôle peuvent être des réactions naturelles après la pose d’un diagnostic grave. Leur présence en elle-même ne signifie pas un trouble psychique. Il est cependant important d’évaluer leur intensité, leur durée et leur influence sur le sommeil, le fonctionnement quotidien, les relations et la capacité de la personne à participer au traitement. Lorsque la souffrance devient difficile à maîtriser, le soutien professionnel peut aider de manière significative.

Une maladie physique peut-elle provoquer des symptômes psychologiques ?

Oui. Certains états médicaux, médicaments, changements hormonaux, la douleur, les troubles du sommeil et d’autres facteurs physiologiques peuvent influencer l’humeur, l’anxiété, la concentration et le comportement. C’est pourquoi l’évaluation clinique doit tenir compte des antécédents médicaux et du traitement en cours. En cas de symptômes nouveaux, inhabituels ou s’aggravant rapidement, une consultation médicale peut également être nécessaire.

Psychosomatique signifie-t-il que les symptômes sont imaginaires ?

Non. L’approche psychosomatique ne considère pas les symptômes comme inventés et n’accuse pas la personne d’avoir elle-même causé sa maladie. Elle explore l’interaction entre les processus corporels, le fonctionnement psychique, le stress, les relations et l’environnement social. Le symptôme est réel, même si des facteurs psychologiques peuvent influencer son apparition, son intensité ou son vécu.

Le stress peut-il provoquer un cancer ou une autre maladie grave ?

Il n’est pas professionnel d’expliquer les maladies graves par une seule cause psychologique. Les maladies résultent d’une interaction complexe de facteurs biologiques, génétiques, comportementaux, sociaux et environnementaux. Le travail psychologique ne cherche pas de culpabilité ni une émotion « incorrecte » ayant causé la maladie. Il aide la personne à faire face aux conséquences de la maladie et du traitement.

La pensée positive influence-t-elle l’issue du traitement ?

Le patient n’a aucune obligation d’être constamment positif. La pression à penser positivement peut créer culpabilité, solitude et sentiment de ne pas avoir le droit de ressentir peur, colère ou tristesse. L’espoir réaliste peut être une ressource précieuse, mais il ne signifie pas le déni des vécus difficiles ni la promesse d’un résultat médical déterminé.

Qu’est-ce que la peur de la rechute ou de la progression ?

C’est la peur que la maladie puisse revenir, s’aggraver ou progresser. Elle est fréquente chez les personnes atteintes de maladies oncologiques et d’autres maladies graves et peut s’intensifier autour des examens de contrôle, de nouvelles sensations physiques ou de dates significatives. Lorsque la peur commence à limiter durablement le quotidien, le sommeil, les relations ou le suivi médical, une aide psychologique spécialisée peut être utile.

Proches et famille

Un proche du patient peut-il également demander de l’aide ?

Oui. Les proches assument souvent une charge émotionnelle, pratique et physique considérable. Ils peuvent ressentir de l’anxiété, de l’impuissance, de la culpabilité, de la colère, de l’épuisement et la peur de la perte, tout en essayant d’être un soutien pour le patient. Le soutien psychologique et psychosocial des proches est une part importante de la prise en charge globale.

Un membre de la famille peut-il assister à la première séance ?

Oui, lorsque cela a été convenu au préalable et que cela est adapté à l’objectif de la consultation. Dans le travail avec des enfants, des adultes dépendants ou des personnes atteintes d’une maladie grave, la présence d’un proche peut être importante. En psychothérapie individuelle, cependant, les séances se déroulent habituellement en tête-à-tête. Le spécialiste doit discuter de qui participe, quel est l’objectif de cette présence et comment la confidentialité de chaque personne sera protégée.

Un proche peut-il recevoir des informations sur ma thérapie ?

L’information relative au travail psychologique ou psychothérapeutique n’est pas communiquée aux proches du seul fait qu’ils sont membres de la famille. Un partage peut avoir lieu avec le consentement du patient, lorsque cela est nécessaire pour la prise en charge ou lorsqu’il existe d’autres fondements juridiques et professionnels applicables. Dans le travail avec les enfants et les personnes dépendantes, les règles sont plus spécifiques et doivent être expliquées au préalable.

Puis-je demander de l’aide pour un proche qui refuse une consultation ?

Vous pouvez demander une consultation pour vous-même et discuter de la façon de comprendre la situation, de communiquer avec votre proche et des limites ou actions appropriées. Une personne majeure ne peut en principe pas être contrainte de participer à une psychothérapie au seul motif que sa famille estime qu’elle en a besoin. En cas de risque immédiat pour la vie, de désorganisation grave ou d’incapacité de la personne à prendre soin d’elle-même, il convient de solliciter une aide médicale ou psychiatrique d’urgence.

Comment parler à un enfant d’une maladie grave ?

Les enfants comprennent généralement qu’un événement important se passe dans la famille, même lorsque les adultes tentent de dissimuler l’information. La discussion doit être honnête, mais adaptée à l’âge, au développement et aux questions de l’enfant. Il n’est pas nécessaire de fournir tous les détails en même temps. Il est important que l’enfant sache ce qui va changer dans son quotidien, qui va s’occuper de lui et qu’il peut poser des questions. En cas de difficulté, la famille peut demander l’aide d’un spécialiste expérimenté dans le travail avec les enfants et les familles confrontés à une maladie grave.

Dois-je dire au patient toute la vérité sur son diagnostic ?

Le patient a le droit d’être informé sur son propre état de santé et le droit de participer aux décisions concernant son traitement. Les proches souhaitent parfois que le diagnostic ou le pronostic soient dissimulés, par crainte que la vérité ne nuise. Cela peut toutefois renforcer l’isolement, la méfiance et le sentiment du patient que quelque chose lui est caché. La manière et le rythme de communication de l’information doivent être adaptés à l’état, aux préférences et à la capacité de la personne à la recevoir. Il est préférable que ces échanges se déroulent conjointement avec l’équipe médicale.

Comment soutenir un proche atteint d’une maladie grave ?

Il n’est pas nécessaire de trouver constamment les « mots justes ». Souvent, ce qui compte le plus, c’est la présence, la disponibilité à l’écoute et le respect de la manière dont la personne vit la situation. Évitez le réconfort automatique, la pression à la pensée positive et les promesses que « tout ira bien ». Demandez de quoi la personne a besoin et proposez une aide pratique concrète. Le soutien ne signifie pas que vous devez tout assumer seul. Prendre soin de votre propre état physique et psychique fait partie d’un accompagnement durable de votre proche.

Travail de groupe et en ligne

Que sont les groupes de soutien ?

Les groupes de soutien rassemblent des personnes ayant un vécu de vie ou de santé similaire, dans un cadre organisé et protégé sur le plan professionnel. Ils offrent la possibilité de partager, de se reconnaître mutuellement, de réduire l’isolement et d’échanger des stratégies d’adaptation. Le groupe de soutien n’est pas toujours une psychothérapie de groupe. Les objectifs, la structure, les règles de confidentialité et le rôle des animateurs doivent être clairement définis.

Le travail de groupe convient-il à tout le monde ?

Non, pas à toute personne, ni à tout moment. Certaines personnes se sentent soutenues par la rencontre avec d’autres ayant un vécu similaire. Pour d’autres, le partage en groupe peut au départ être trop éprouvant. Avant l’intégration, un entretien individuel peut être organisé afin d’évaluer si le groupe concerné correspond aux besoins et à l’état de la personne.

Des consultations en ligne sont-elles proposées ?

Certains services psychologiques et psychothérapeutiques peuvent être proposés en ligne, lorsque ce format est adapté à l’état, à l’objectif du travail et à la méthode professionnelle utilisée. Les séances en ligne ne conviennent pas à toutes les situations. En cas de crise aiguë, de risque immédiat, de nécessité d’une évaluation médicale ou de certains types d’examen psychologique, une aide en présentiel peut être nécessaire. La plateforme utilisée, la confidentialité, les conditions techniques et la conduite à tenir en cas de coupure de connexion doivent être précisées au préalable.

Comment assurer la confidentialité lors d’une rencontre en ligne ?

Il est conseillé d’utiliser un appareil personnel, une connexion internet sécurisée et un endroit où vous pouvez parler librement, sans être entendu ni interrompu. L’utilisation d’un casque peut renforcer la confidentialité. L’enregistrement des séances n’est pas recommandé sans le consentement explicite préalable de tous les participants.

Confidentialité et droits

Tout ce que je partage est-il confidentiel ?

La confidentialité est un principe fondamental du travail psychologique et psychothérapeutique. Les informations partagées lors des rencontres professionnelles ne sont pas librement communiquées à d’autres personnes. Dès le début du travail, le spécialiste doit expliquer les règles de confidentialité et leurs limites. Il existe des situations spécifiques dans lesquelles des obligations légales ou un risque immédiat et sérieux pour la vie et la sécurité peuvent imposer certaines actions. Ces situations constituent une exception au principe général de confidentialité.

Mon médecin traitant recevra-t-il des informations du psychologue ?

Dans le cadre du travail au sein d’une équipe médicale pluridisciplinaire, certaines informations peuvent être importantes pour la prise en charge globale du patient. Leur partage doit s’effectuer dans le respect de la confidentialité professionnelle, des exigences légales applicables et du principe consistant à ne fournir que les informations nécessaires à une prise en charge de qualité et sécurisée.

Mon cas peut-il être discuté avec d’autres spécialistes ?

La discussion clinique, la supervision et le travail pluridisciplinaire peuvent faire partie d’une prise en charge de qualité. Dans ce cadre, seules les informations nécessaires à l’objectif professionnel sont partagées, et des mesures de protection de l’identité et de la confidentialité sont appliquées. Les règles régissant une telle discussion doivent être conformes au consentement éclairé, aux normes professionnelles et à la législation applicable.

Que deviennent mes données personnelles ?

Les données personnelles et de santé sont traitées uniquement à des fins précises et légales et avec des mesures de sécurité appropriées. Vous devez être informé des données collectées, des raisons de leur nécessité, des personnes ayant accès à celles-ci, de la durée de leur conservation et de la manière dont vous pouvez exercer vos droits. Les règles détaillées figurent dans la Politique de confidentialité et les documents de consentement éclairé correspondants.

Puis-je demander un second avis professionnel ?

Oui. Un second avis peut être utile en cas d’incertitude concernant une évaluation psychologique, une approche recommandée ou les étapes suivantes. Pour être professionnellement fondé, le second avis peut nécessiter un nouvel entretien, l’examen de la documentation disponible et parfois une évaluation complémentaire. Il ne doit pas confirmer ou rejeter automatiquement l’avis précédent sans disposer d’informations suffisantes.

Bonne pratique et soutien aux professionnels

Comment comprenons-nous la bonne pratique clinique ?

Pour nous, la bonne pratique clinique commence par la compétence professionnelle, la rigueur scientifique et l’éthique, mais ne s’y arrête pas. Elle signifie voir la personne concrète derrière le symptôme ou le diagnostic, comprendre le contexte dans lequel elle vit, et proposer une aide qui réponde réellement à ses besoins. C’est pourquoi nous travaillons de manière pluridisciplinaire et relions la psychologie clinique, la psychothérapie, la psycho-oncologie, la psychosomatique, la médecine et le travail social clinique.

Qu’est-ce que la supervision ?

La supervision est un processus professionnel par lequel un spécialiste discute de son travail clinique avec un superviseur qualifié. Son objectif est d’améliorer la qualité, l’éthique et la sécurité de la pratique et de favoriser le développement professionnel. Les cas cliniques sont présentés dans le respect de la protection de l’identité et de la confidentialité des patients.

Un soutien est-il proposé aux professionnels de santé ?

Oui. Les professionnels de santé peuvent solliciter un soutien individuel ou de groupe en cas d’épuisement professionnel, de détresse morale, de situations cliniques difficiles, de perte d’un patient, de conflit au sein de l’équipe ou de charge émotionnelle prolongée. Les formes possibles incluent le conseil psychologique, la psychothérapie, les groupes Balint, les groupes de partage, la supervision et les formations. Le soutien du professionnel n’est pas la reconnaissance d’une compétence insuffisante. Il fait partie de la démarche de qualité et de durabilité de la pratique médicale.

Qu’est-ce que le groupe Balint ?

Le groupe Balint est un format professionnel dans lequel des professionnels de santé et d’autres professionnels de l’aide explorent les aspects émotionnels et relationnels de leur travail avec les patients. L’accent n’est pas mis sur le diagnostic médical ou la solution technique, mais sur la relation spécialiste–patient, le vécu du professionnel et les situations cliniques difficiles. Le groupe est animé par un animateur formé et fonctionne selon des règles claires de confidentialité.

Que faire si je m’inquiète du comportement professionnel d’un spécialiste ?

Vous avez le droit de poser des questions sur la qualification, la méthode, les conditions de travail, la confidentialité et les limites professionnelles. En cas de doute concernant un comportement non éthique, vous pouvez d’abord évoquer votre préoccupation avec le spécialiste, lorsque cela est sûr et possible. En cas de manquement grave, vous pouvez utiliser le mécanisme officiel de signalement de l’organisation, de l’établissement de soins, de l’association professionnelle ou de l’autorité compétente concernée.

Quels sont les signes d’une pratique non professionnelle ?

Des signes préoccupants peuvent être des promesses de guérison garantie, une pression pour interrompre un traitement médical, une violation de la confidentialité, un comportement sexualisé, une exploitation financière ou émotionnelle, une violation systématique des limites et un exercice en dehors des compétences du spécialiste. Il est également problématique de présenter des convictions personnelles comme des faits scientifiques ou d’accuser le patient d’être lui-même responsable de sa maladie. La pratique professionnelle suppose un cadre clair, un consentement éclairé, le respect et la possibilité de poser des questions.

Cas d’urgence

Que faire si mon état est urgent ?

La consultation psychologique et le rendez-vous planifié ne remplacent pas l’aide médicale ou psychiatrique d’urgence. En cas de risque immédiat pour la vie ou la sécurité, d’état psychique aigu grave ou d’autre urgence médicale, une aide immédiate doit être recherchée par le biais du système d’aide médicale d’urgence ou de l’établissement de soins approprié le plus proche.

Quand une aide immédiate est-elle nécessaire ?

Une aide immédiate est nécessaire en cas de pensées ou d’intention suicidaire immédiate, de risque de blessure envers autrui, de confusion grave, de perte de contact avec la réalité, d’incapacité soudaine à subvenir à ses propres besoins ou d’autre état aigu mettant en danger la vie et la sécurité. Dans ces cas, il ne faut pas compter sur un message électronique, un formulaire de contact ou un rendez-vous de consultation planifié. Il est nécessaire de solliciter une aide médicale d’urgence ou l’établissement de soins approprié le plus proche.